Il fait beau et doux à Rennes comme dans toute la France, ce week-end du 9 février. On murmure que ce n’est pas normal, un temps si chaud en plein février et que pour un festival – Travelling de Rennes en l’occurrence – c’est la tuile, le ciel bleu. C’est sûr, les spectateurs vont s’enfuir profiter du soleil à la mer, à 3 / 4 d’heure de voiture de là.

Moi, c’est sûr, je ne partirai pas à la plage, puisque je suis là pour présenter une séance carte blanche au Tout-Petits cinéma du Forum des images dans le cadre de la section junior du célèbre festival rennais. A l’invitation de Anne Le Hénaff, directrice artistique, nous avons choisi de montrer Les Contes de la laine, soit six films d’animations rares, beaux et magiques réalisés par la cinéaste tchèque Hermina Tyrlova (Pour en savoir plus sur la cinéaste tchèque, lire l'article "Ces objets qui ont une âme" rédigé par Marina Feodoroff). Le programme a été spécialement composé pour de tout jeunes enfants, à partir de 2 ans. Et cela tombe bien parce qu’ils sont tout jeunes, les spectateurs qui arrivent ce dimanche à 11h devant l’Illico, salle spécialement dédiée au jeune public, un peu excentrée du cœur de Rennes. Beaucoup de papas - fiers de l’être – tiennent la main de leurs petit(e)s en les accompagnant dans cette nouvelle expérience de cinéma sur grand écran.

Devant une salle pleine de spectateurs qui ne sont pas partis à la mer, je présente le Forum des images, la cinéaste et les films. A la question est-ce la première fois que vous venez au cinéma ?, les enfants qui savent s’exprimer me répondent que oui ; les autres, ceux qui ne parlent pas encore, ce sont leurs parents qui répondent oui.

Et la lumière s’éteint progressivement. Et le premier film commence. Et les enfants – joyeux spectateurs actifs, corps et yeux happés par l’écran, reconnaissent des animaux, en feutrine et laine animés. Et ils nomment les animaux, imitent les bruits des canards ou des chiots, montrent du doigt les personnages, interpellent le soleil ou un lion, disent cadeaux quand le dernier film L’Arbre de Noël démarre.

Inutile de dire que les films sont magnifiques, que le plaisir de les faire découvrir aux familles est grand, qu’on vit là des moments forts et inracontables.

Dans le train du retour, direction Paris, une petite fille assise à côté de moi invente et dessine une BD qu’elle nomme Le Petit poucet version haribo. Quand je lui demande pourquoi haribo, elle me répond que c'est parce qu'il sème des dragibus. Logique.